Colin King — Habiter le calme
- AMPM
- 2 janv.
- 3 min de lecture
Quand l’objet cesse d’être décoratif pour devenir présence.
Crédit image : Hudson Valley Lighting Group
Une esthétique du silence
Il n’y a rien qui s’impose immédiatement. Pas de geste spectaculaire, pas de décor démonstratif, pas de point focal forcé.
Dans les espaces composés par Colin King, tout semble exister avant même d’avoir été regardé. La lumière circule librement. Les objets sont là, posés avec retenue, comme s’ils avaient trouvé leur place sans intervention visible.
On a le sentiment que quelqu’un vient de quitter la pièce.Ou qu’il y est encore, quelque part, hors champ.
Ce portrait s’ouvre ainsi, dans le calme, sans annonce.
Crédits images : @colinking et Hudson Valley Lighting Group
Le regard sur l’espace et les objets
Basé à New York, Colin King développe une pratique à la croisée du styling, du still life et de la direction artistique. Il collabore régulièrement avec des publications internationales telles que Architectural Digest, T Magazine ou Elle Decor, tout en accompagnant des marques et des projets sensibles à cette même attention portée au détail et au temps long.
Il ne s’agit pourtant pas ici de dresser un parcours ou une chronologie. Ce qui importe, c’est un regard : posé, attentif, profondément lié à l’usage.
Rien ne semble figé. Tout paraît prêt à être déplacé, utilisé, vécu.
Les objets comme compagnons silencieux
Les objets choisis par Colin King ne revendiquent rien. Ils ne cherchent ni à être reconnus, ni à être identifiés.
Souvent modestes, parfois imparfaits, ils portent en eux une forme de temporalité. Un bol légèrement irrégulier. Un textile qui change avec l’usage. Une table marquée par le temps.
Ici, l’objet n’est jamais décoratif. Il accompagne les gestes, s’inscrit dans le quotidien, cohabite avec l’espace.
Crédit image : @colinking
À contre-courant du spectaculaire
Le refus du spectaculaire traverse l’ensemble de son travail. Pas d’accumulation, pas de mise en scène figée, pas d’effet recherché.
Les espaces qu’il compose laissent volontairement de la place au vide. Non comme un manque, mais comme une respiration.
L’esthétique n’est jamais un but. Elle est une conséquence.
Composer revient souvent à retirer.
Crédits images : @colinking, Billal Taright
Composer avec retenue
Chaque arrangement semble avoir été pensé, puis volontairement allégé. On perçoit une attention particulière au rythme, à l’équilibre, à la respiration.
Cette retenue traverse aussi son travail éditorial et s’exprime pleinement dans Arranging Things, son livre publié chez Rizzoli. Un ouvrage qui ne propose ni règles ni recettes, mais une manière d’observer, de ralentir, de composer avec ce qui est déjà là.
Crédit image : @colinking et RUM Magazine
Une résonance contemporaine
À l’ère de la saturation visuelle et de l’image immédiate, le travail de Colin King trouve un écho particulier. Il répond à une fatigue collective du trop-plein, à un besoin de calme, de justesse, de temps long.
Son regard ne cherche jamais à convaincre.Il suggère, il attend, il laisse faire.
Le luxe, ici, n’est jamais ostentatoire. Il est discret, presque invisible, mais durable.
Crédits images : @colinking, Hudson Valley Lighting Group
Habiter, simplement
Chez Colin King, l’intérieur n’est jamais un décor. C’est un espace ouvert.
Ouvert aux gestes ordinaires,aux objets qui traversent le temps, aux moments qui échappent à l’image.
Ce portrait de Colin King se referme comme il a commencé : dans un lieu qui ne cherche pas à être montré, mais simplement habité.
Crédits : Colin King, Cultiver, Visual Pleasure, Culture D Mag, Interior Design























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