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Santa Living — Le textile comme architecture d’atmosphère

19 juin
4 min de lecture

Quand la matière souple devient une manière d’habiter l’espace.



  • Salon de Mimi’s Apartment par Santa Living et MA&Partners, avec rideaux translucides, fauteuils en cuir et table basse en bois.
    Chez Santa Living, la lumière filtre l’espace dans une retenue douce.

Santa Living et MA&Partners - Mimi’s Apartment (photo : Salva Lopez)


Santa Living, une atmosphère avant un décor

Chez Santa Living, rien ne semble chercher l’effet immédiat.


Les espaces ne s’imposent pas. Ils se déposent. Dans la lumière, dans les matières, dans la manière dont un objet trouve sa place sans jamais prendre toute la place.


Fondé à Barcelone en 2019 par César et Josep, Santa Living développe une pratique à la croisée de l’architecture intérieure, du design textile et de la direction artistique. Le studio parle d’atmosphères, de tranquillité et d’un rapport plus lent à l’habitat. Mais derrière ces mots, souvent repris dans l’univers de l’intérieur contemporain, se dessine ici une approche plus précise.


Santa Living ne compose pas seulement de beaux lieux.


Le studio travaille ce qui arrive avant l’image : une lumière filtrée, une assise basse, un tissu froissé, une matière mate, un objet posé dans le silence. L’intérieur devient alors moins un décor qu’un climat.


Un lieu que l’on ne regarde pas seulement, mais que l’on ressent.


  • Chambre de Mimi’s Apartment par Santa Living et MA&Partners, avec tête de lit en bois, lampe de chevet et linge clair.
    Le bois, le lin et la lumière composent une chambre à la présence feutrée.
  • Étagère d’Apartment 92 par Santa Living, avec œuvres murales, sculptures, livres et lampe chromée.
    Objets, œuvres et matières se répondent dans une composition silencieuse.
  • Salon d’Arcadia par Santa Living et MA&Partners, avec fauteuil en bois, canapé clair, œuvre murale et table basse noire.
    Une pièce habitée par la lumière, la matière et la retenue.
  • Espace de travail Strassen par Santa Living et Dlinea, avec fauteuil noir, meuble en bois, rideaux clairs et lumière naturelle.
    Un espace de travail où le bois et le textile adoucissent la ligne.

1. Santa Living et MA&Partners - Mimi’s Apartment (photo : Salva Lopez) / 2. Santa Living, Isabel Francoy et Anna Enrich - Apartment 92 (photo : Javi Dardo) / 3. Santa Living et MA&Partners - Arcadia (photo : Salva Lopez) / 4. Santa Living et Dlinea - Strassen (photo : Javi Dardo)


Le textile comme seuil

Avant d’être une esthétique, leur travail semble partir d’un geste simple : adoucir l’espace.


Le textile occupe ici une place centrale. Non comme élément décoratif, mais comme matière capable de transformer la perception d’un lieu. Un rideau ralentit la lumière. Un coussin modifie une assise. Un drap donne au repos une présence presque architecturale. Une surface textile introduit du mouvement dans un intérieur construit.


Le tissu ne ferme pas. Il filtre.


Il ne structure pas comme un mur, mais il organise autrement : par plis, par ombres, par épaisseurs. Il donne au lieu une respiration plus basse, plus proche du corps.


Cette attention se retrouve aussi à l’échelle de l’objet. Avec le modèle Daphne Striped, Santa Living imagine un coussin rectangulaire où les fines rayures, les fronces et les liens latéraux transforment le textile en petit volume architectural.


La matière ne reste pas plate. Elle se plie, se resserre, se tend. Le tissu devient lui-même une structure souple.


Le coussin n’est plus seulement un accessoire. Il devient une surface habitée, une manière de faire entrer dans l’espace une ligne, un rythme, une tension douce.


  • Coussins Daphne Striped par Santa Living sur une assise claire, avec drapé textile, bois et bougie.
    Une surface textile pensée comme un petit volume d’atmosphère.
  • Coussins Daphne Striped par Santa Living sur un lit, avec lumière chaude, bois sombre et linge clair.
    Le textile prolonge le repos par le pli, l’ombre et la matière.

1. Santa Living - Daphne Striped / 2. Santa Living - Daphne Striped dans un intérieur pensé pour Nou Studios (photo : Anabel Luna)


Arcadia comme point d’équilibre

Visuellement, Arcadia semble condenser une partie de l’univers du studio.


Le projet prend place dans un penthouse de 70 m² à Barcelone, pensé comme un pied-à-terre entre la ville, la mer et la montagne. Santa Living y intervient à travers la direction créative, la sélection d’œuvres et la mise en scène intérieure.


Ce qui retient l’attention n’est pas seulement la douceur du lieu.

C’est sa retenue.


Arcadia ne cherche pas à multiplier les signes. L’appartement semble construit autour de quelques présences : une lumière claire, des matières nobles, des formes arrondies, des objets choisis, une palette contenue. Rien ne vient interrompre l’équilibre général. Les éléments semblent tenus par la même économie de geste, la même attention aux matières, la même précision discrète.

Le projet ne raconte pas une idée spectaculaire de l’intérieur.


Il propose plutôt une manière d’être chez soi. Regarder la ville depuis une terrasse. Laisser l’art exister sans le mettre à distance. Donner aux objets une place sans les transformer en spectacle. Habiter un espace qui ne cherche jamais à devenir décoratif.


Dans Arcadia, la beauté ne vient pas de l’accumulation.

Elle vient de la mesure.


  • Détail d’Arcadia par Santa Living et MA&Partners, avec meuble en bois sculpté, lampe blanche, œuvre rouge et chaise noire.
    Un détail pensé comme une composition de matière, d’objet et de silence.
  • Salon d’Arcadia par Santa Living et MA&Partners, avec canapé clair, fauteuil en bois, table basse noire et œuvre murale.
    Un salon contenu, où l’art et les matières trouvent leur juste place.
  • Salle à manger d’Arcadia par Santa Living et MA&Partners, avec table blanche, chaises noires, banquette claire et rideau translucide.
    La lumière adoucit les lignes et transforme la pièce en refuge calme.
  • Cuisine d’Arcadia par Santa Living et MA&Partners, avec mobilier en bois, plan de travail en marbre, vase en terre cuite et rideaux clairs.
    Le bois, le marbre et le textile composent une domesticité feutrée.

1. à 4. Santa Living et MA&Partners - Arcadia (photo : Salva Lopez)


Composer dans la retenue

La force de Santa Living tient dans cette capacité à composer avec peu, sans appauvrir l’espace.


Peu de couleurs, mais des nuances.

Peu d’objets, mais des présences.

Peu d’effets, mais une atmosphère.


Leur travail ne repose pas sur l’accumulation. Il repose sur l’ajustement. Chaque matière semble choisie pour ce qu’elle produit dans l’espace : une ombre, une chaleur, un contraste, une douceur.


Le bois, la pierre, le textile, la céramique, les assises basses et les œuvres ne sont pas traités comme des éléments séparés. Ils composent une même surface sensible. Une continuité discrète, presque silencieuse.


Dans cette approche, décorer devient secondaire.


Il s’agit plutôt de faire tenir ensemble une lumière, un usage, une matière et une présence. De comprendre ce qu’un lieu peut recevoir, ce qu’il doit garder, ce qu’il faut retirer.


Chez Santa Living, composer revient souvent à ne pas trop dire.


  • Salle à manger d’Apartment 92 par Santa Living, Isabel Francoy et Anna Enrich, avec grands rideaux clairs, table ronde en verre et chaises métalliques.
    Le rideau devient un seuil doux entre lumière, repas et quotidien.

Santa Living, Isabel Francoy et Anna Enrich - Apartment 92 (photo : Javi Dardo)


L’architecture d’atmosphère selon Santa Living

Dans un paysage intérieur souvent saturé d’images parfaites, le studio propose une autre voie. Moins démonstrative. Plus tactile. Plus lente.


Leur travail rappelle qu’un intérieur ne se construit pas seulement avec des murs, des volumes ou des meubles. Il se construit aussi avec ce qui les relie : un rideau, une ombre, un tissu, une ligne basse, une terrasse, une œuvre, un objet posé.


Tous ces éléments participent à une architecture plus discrète, moins visible, mais tout aussi déterminante.


Une architecture d’atmosphère.


Chez Santa Living, le textile n’habille pas seulement l’espace. Il l’adoucit, le filtre, le ralentit. Il rapproche la maison du corps.


Et c’est peut-être cette simplicité qui rend leur travail si juste : faire de l’intérieur non pas une image parfaite, mais un climat à vivre.

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