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Marqueterie de paille — Dans l’atelier de Lison de Caunes à Paris

  • AMPM
  • 19 déc. 2025
  • 3 min de lecture

La matière, le geste et le luxe du temps


À Paris, Lison de Caunes perpétue la marqueterie de paille dans un atelier discret, loin de toute démonstration. Hérité du XVIIIe siècle, ce savoir-faire rare transforme une matière humble en surface lumineuse, précieuse par le temps et le geste. Une approche du luxe silencieuse, profondément ancrée dans la matière.




L’atelier Lison de Caunes, un savoir-faire rare à Paris

Il faut s’éloigner de l’agitation pour entrer dans l’atelier de Lison de Caunes. À l’intérieur, le silence domine. La lumière est essentielle : elle révèle la paille, ses reflets, ses nuances naturelles. Rien ici ne va vite. Le rythme est dicté par la matière et par la main.


Les surfaces en cours de réalisation reposent à plat, protégées. Avant même de comprendre la technique, on ressent une évidence : le temps est un matériau à part entière. Dans cet atelier parisien, la concentration n’est pas une posture, mais une nécessité.




La marqueterie de paille, un artisanat d’art français

La paille de seigle comme matière première

Traditionnellement, la marqueterie de paille utilise de la paille de seigle. Fine, fragile, périssable, elle est à l’opposé des matériaux nobles classiques. Et pourtant, travaillée avec précision, elle révèle une lumière unique, douce et vibrante.


Dans l’atelier de Lison de Caunes, la paille n’est jamais dissimulée. Elle est assumée, révélée, transformée. Sa beauté ne tient pas à sa rareté, mais à la manière dont elle est regardée et travaillée.


Un savoir-faire né au XVIIIe siècle

La marqueterie de paille connaît son apogée au XVIIIe siècle dans les arts décoratifs français, avant de disparaître progressivement avec l’industrialisation. Aujourd’hui, seuls quelques ateliers dans le monde perpétuent encore ce savoir-faire exigeant, entièrement manuel.




Un geste artisanal transmis à la main

Chaque brin de paille est préparé individuellement. Il est fendu, parfois teinté, puis collé un à un selon une orientation précise. Le geste est lent, répétitif, inchangé. Aucun outil industriel ne peut remplacer cette précision ni cette sensibilité.


Une fois la surface terminée, elle est polie. C’est à ce moment que la matière révèle toute sa profondeur. La lumière ne se reflète pas : elle semble émerger de l’intérieur même de la paille.


Pourquoi la marqueterie de paille ne peut pas être industrialisée ?

La moindre variation dans la fibre, la couleur ou l’orientation influe sur le résultat final. Cette part d’irrégularité fait partie intégrante de l’objet. Elle en est la signature. Accélérer le processus reviendrait à perdre ce qui fait la valeur même de ce savoir-faire.




Quand la marqueterie de paille dialogue avec les intérieurs contemporains

Une matière naturelle pour une décoration minimaliste

Chez Lison de Caunes, la marqueterie de paille n’est jamais décorative au sens traditionnel. Elle ne cherche ni le motif ni l’effet. La composition naît du geste et de la répétition.


Appliquée à des meubles, des panneaux muraux ou des objets, la paille agit comme une peau. Elle transforme l’espace sans le dominer, apportant chaleur et profondeur sans surcharge visuelle.


Architectes et décorateurs face au retour du geste

Dans des intérieurs contemporains, la marqueterie de paille dialogue naturellement avec le bois, la pierre ou le plâtre. Architectes et décorateurs s’y intéressent pour sa capacité à incarner une matière sensible, silencieuse et durable.




Le luxe du temps dans l’artisanat parisien

Dans l’atelier de Lison de Caunes, le luxe ne s’exprime ni par l’excès ni par la démonstration. Il réside dans le temps consacré à chaque pièce, dans l’attention portée au détail, dans l’acceptation de l’imperfection.


Chaque surface porte la trace du geste. À l’heure de la production rapide et standardisée, cette lenteur assumée devient une forme de résistance. Un luxe discret, presque invisible, mais profondément tangible.




Ce qui demeure

Dans l’atelier, les gestes se répètent. La lumière évolue au fil de la journée. La paille continue de capter les reflets, comme une mémoire du temps passé à la façonner.


La marqueterie de paille, telle que la pratique Lison de Caunes à Paris, n’est ni une tendance ni un retour nostalgique. C’est un savoir-faire vivant, porté par la conviction que la beauté peut être silencieuse et que le luxe le plus juste est souvent celui que l’on ressent avant de le voir.


Crédits : Lison de Caunes

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